​Politesse et bienséance : priorité au 3ème âge

Ladies and Gentlemen, mes chers Kiffeurs,

Pouvons-nous en finir avec un complexe français ? Règle de bonne éducation, courtoisie oblige, qui n’a pas été gêné mais contraint de laisser passer devant soi la vieille dame de la boulangerie ?

Mon expérience est simple. 11h00 un matin en semaine, j’entre dans la boulangerie du Monop’ et affuble mon entrée sur scène d’un mélodieux : « Boooonjour ! ». L’hôtesse se joint à ma présence de son côté du comptoir, « Bonjour jeune homme », réponse : « Monsieur ! ». Sourires aux lèvres, la glace est brisée. Cet instant de séduction éphémère l’est également aussitôt que s’avance de l’autre côté de la baie vitrée ma briseuse de rêves. Madame X, de son troisième âge et de son mètre 50 toute voutée fait son apparition. Courtoisie oblige, j’interrompt tout dialogue aussi charmant commença-t’il avec ma nouvelle amie, l’hôtesse ; et me tient prêt à ouvrir la porte. Plus de force que présumé, Madame X ouvre la porte et mon bras ne fait qu’accompagner un mouvement déjà bien entamé. « Madame… » dis-je en inclinant la tête en signe de révérence à ce monument de kiffs issus du passé. Pas de réponse. L’hôtesse est repartie. A son retour, Madame X me passe devant et se positionne devant la caisse alors que, candide, je me tiens encore les yeux ébahis devant la rangée de jambon-beurres. Ni une, ni deux, je reprends ma vie en main animé d’une foi inébranlable dans mon destin de kiffeur. « Je vais vous en prendre un s’il vous plaît ! », pointant du doigt l’objet de mon désir, comme le reproduit la fresque de la Chapelle Sixtine avec quelques siècles d’avance sur mon temps. « Avec plaisir ! » et avec le sourire, me répond l’hôtesse. De son côté Madame X bougonne, marmonnant dans sa barbe -quelques poils de moustache de vieille dame oubliés sous son nez tassé par le temps- toute la rancœur cultivée à mon égard. Furieuse d’avoir été court-circuitée dans sa démarche téméraire mais mort-née de me brûler la priorité. Pour ma part, fier d’avoir rappelé à cette hydre qu’elle ne peut me passer devant au prétexte d’avoir conscience que chaque seconde qui s’écoule la rapproche un peu plus encore de la mort, je me saisis de mon sandwich. Je paie. Je sors. Sourire aux lèvres, je viens de sauver mon honneur : moi aussi je n’ai qu’un nombre de pas limité sur Terre !
La Société du Savoir-Vivre


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