​Conversation avec un indigent : pas de Travail, Famille, Patrie !

Ladies and Gentlemen, Chers Kiffeurs,

Indigent, indigène, intelligent mais sans gène, qui est donc ce jeune trentenaire assis par terre ? Samuel, 34 ans, dans la rue depuis sa 1ère ES échouée avec succès. Samuel va nous permettre de dépeindre une réalité sur le monde croissant de la rue, celui des indigents. Indigent mais pas indigné, Sam n’est pas un de ces smicards embourgeoisés qui hurlent aussi fort que les politiques dans leurs meetings pour réduire le temps de travail et augmenter les revenus sociaux. Il a déjà son revenu social, l’AAH (récemment passée à 900€) accordée pour cause de bipolarité, et son temps de travail est déjà réduit au maximum, à un temps de présence dans la rue où les subsides lui servent de pourboires. Une petite journée c’est 4€, et le jour de chance 40€. A raison de 30 jours par mois, le calcul est vite fait : Samy se fait à peu près 280€ de dons bon an mal an. 1180€ environ donc, plus les repas du midi offerts par les passants. Samy dort à la belle étoile sous la grisaille d’un ciel urbain pas toujours dégagé, et de temps en temps chez une tante où il reçoit ses papiers. Comptant également sur les « maraudes », Croix Rouge, église locale, etc. Samy arrive à avoir son café après la douche et des vêtements  propres à peu près tous les deux jours. Dans son choix de vie, comme il l’explique, « ça fait du bien de rester dans son jus ». Pas de téléphone, pas de marques de luxe sur lui, anticonsumériste convaincu, Samy se veut un libre penseur, dépendant de la cigarette et de son bière matin-midi et soir uniquement. Il ne doit rien à la société, il en vit comme tout le monde mais au lieu de s’arracher un revenu à la sueur de son front, il le fait en nous arrachant un sourire du bout des lèvres. Ce relativisme a un prix nous explique-t’il, et c’est bien là sa fonction sociale. «  A chacun sa place, moi je suis bien là ! ». Niveau croyances, Samy est catho, croyant et même fervent : il a vu dieu comme il a vu le diable. Le premier en vrai, le second sur des iconographies satanistes qu’il critique, en décrivant un bel homme nu, les pieds et cornes de bouc placés sous les signes astrologiques de Vénus et Mercure. Il n’en a pas peur, c’est un libre penseur. L’amour ? Une histoire finie depuis longtemps, et le sexe ? Samy aime sa main droite, « oui la droite, c’est bien ça ! »…

« Alors, Sam’, on est où là : en enfer, au paradis ? »

« Ici, c’est le paradis terrestre ! »

La Société du Savoir-Vivre

 

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